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lundi 29 février 2016

C'est Lundi, que lisez-vous ? #11




Bonjouuur ! Après une longue pause dans cette série, revoila un "CLQLV?" !

Comme d'habitude, voila les "règles" :

Le C'est lundi, que lisez-vous ? est un rendez-vous initié en France par Mallou puis repris par Galleane. Elle l'a aussi modifié en version photo, mais vu que je lis principalement des ebooks ces temps-ci, j'aurais du mal à les prendre en photo :p

Breffons, le principe (pour ceux qui ne connaîtraient pas) est simple : il suffit de répondre à trois questions : 
1. Qu'ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?



Alours, le WE dernier j'ai donc lu La Déclaration et La Résistance de Gemma Malley et Persuasion de Jane Austen dans le cadre du WE à 1000 et cette semaine j'ai (re)lu Colocs (et plus) de Emily Blaine.


Ce livre avait été un coup de cœur lorsque je l'avais lu la première fois, alors ça a été un plaisir de le relire !



Parmi mes lectures en cours, je traîne toujours et encore Le Rouge et le Noir de Stendhal et Le Traité des Délits et des Peines de Beccaria. J'ai aussi en cours Paper Towns de John Green en VO. Mais ce sont toutes des lectures plus ou moins en pause.




Je pense commencer à lire Ceux qui tombent de Michael Connelly. Je me mets doucement à lire des policier et mon papa l'a dans sa bibliothèque et il m'a fait de l'oeil tout le week-end, donc je pense qu'il va vite se retrouver entre mes mains ! ;)


Et vous, que lisez-vous ? :)

samedi 20 février 2016

La Déclaration - Gemma Malley

Donc, pour ce challenge du Week-end à 1000, j'ai (re)lu La Déclaration, de Gemma Malley et j'ai enchaîné sur le tome 2, La Résistance.


Angleterre, 2140.
Les adultes peuvent choisir de ne plus mourir s'ils renoncent à faire des enfants. Anna vit depuis presque toujours au Foyer de Grange Hall, un pensionnat pour les Surplus, des enfants qui n'auraient pas dû naît des enfants dont les parents ont défié la loi en les mettant au monde. Anna n'a plus de parents désormais. Confinée dans l'enceinte du pensionnat, elle travaille très dur, pour effacer leur faute.
Anna a tout oublié de son passé. Jusqu'au jour où arrive un jeune garçon qui semble la connaître. Mais qui est ce Peter ? Pourquoi ne la laisse-t-il pas tranquille ? Et pourquoi elle, Anna, se sent-elle soudain si troublée ?


366 pages
Editions Naïve


Déjà, il faut savoir que j'ai lu ce livre pour la première fois au collège, et que c'est la première dystopie que j'aie lue. Avant même de savoir que j'allais adorer ce genre de bouquins. D'ailleurs, j'avais même pas vraiment aimé ce livre. Il m'avait intrigué, il m'avait dérangé. Parce que c'était la première fois que j'étais confrontée à une histoire - comme on en voit tellement aujourd'hui - qui se passe dans un monde "post-apocalyptique", bien que l'apocalypse n'ait pas vraiment eu lieu dans La Déclaration. Et c'était la première fois que j'étais confrontée à un monde où il se passait des choses si horribles : l'enfermement d'enfants sous prétexte qu'on a trouvé une pilule miracle contre la vieillesse, la maltraitance, les fuites, les courses-poursuites... Tout ça je connaissais pas. Mais surtout, ce que je connaissais pas, c'était les romans engagés. Et je me suis pris une belle claque dans la figure, parce que si j'avais pas trop aimé, c'est parce que ça m'avait vachement fait réfléchir.

Je me souviens que je m'étais demandée si ce roman était engagé contre la recherche de la jeunesse éternelle, ou contre la surpopulation, mais j'imagine qu'en fait c'est les deux. La recherche de la jeunesse éternelle provoque forcément de la surpopulation. Et pour éviter ça, on n'empêche pas les naissances, on n'empêche la jeunesse éternelle. Fin', c'est comme ça que ça devrait se passer.

Mais dans La Déclaration, ce n'est pas le cas. Dans le roman de Gemma Malley, depuis que les scientifiques ont découvert la Longévité, un cachet miracle permettant la régénération des cellules et donc la vie éternelle, on s'est vite retrouvé confronté au problème de la surpopulation et, surtout, de l'impact de la vie humaine sur la planète terre. Du coup, en plus de mettre en place toutes sortes de techniques pour économiser de l'énergie et des ressources, les Autorités ont mis en place La Déclaration, c'est-à-dire un document que tous les jeunes, arrivés à 16 ans, doivent signer. Cette Déclaration dispose que si on la signe, on a accès à la Longévité, mais qu'on ne doit alors pas faire d'enfant. Les jeunes qui décident de ne pas la signer sont appelés les Affranchis et peuvent avoir un enfant, selon le principe d'une vie pour une vie. Puis l'Affranchi mourra un jour (ne bénéficiant pas de la Longévité), il peut laisser sa place à un enfant, qui ne sera donc pas un poids pour la planète. 
Il arrive pourtant que des signataires de la Déclaration décide tout de même d'avoir des enfants, qu'on appelle les Surplus. Ces enfants-là sont traqués pour les envoyer dans des foyers de Surplus, où on leur après Où-Est-Leur-Place et à devenir Utile pour la société, pour racheter la faute de leurs parents qui, eux, sont envoyés en prison. 

Anna est donc une Surplus, la meilleure, d'ailleurs. Elle est convaincus que ses parents sont d'atroces criminels qui n'auraient jamais dû la mettre au monde, et elle est déterminée à travailler dur pour racheter leur faute et se rendre Utile. Anna sait Où-Est-Sa-Place, et ça lui va très bien. Mais un jour, un garçon nommé Peter arrive, et il lui parle de ses parents, qu'il dit connaître. Il lui dit qu'ils ne l'ont pas abandonnés, qu'ils voulaient la garder et qu'ils ne voulaient signer la Déclaration. Mais Anna ne veut rien entendre. Pourtant, petit-à-petit, l'idée fait son chemin dans sa petite tête, et la possibilité de s'échapper de Grange Hall, l'affreux foyer de Surplus, se fait de plus en plus tentante...

J'ai apprécié cette deuxième lecture, déjà parce que j'adore les dystopies, et parce que je trouve l'histoire vraiment originale. J'aime beaucoup le personnage d'Anna, qui n'est pas si facile à convaincre. Peter met du temps et de l'énergie avant de réussi à la faire changer d'avis. Et c'est ça qui rend l'histoire plus réelle : Anna a tellement bien été endoctrinée que l'idée même que le système puisse avoir tort ne lui effleure pas l'esprit. C'est pas juste "Ow, quelqu'un qui pense différemment. Chouette ! Je vais rejoindre la rebellion !" Du reste, l'écriture est fluide, on se prend bien à la lecture. 



Angleterre, 2150.
La mort n'existe plus. Les hommes vivent à l'ère de la Longévité : pas de morts... mais, pour éviter le surpeuplement, pas de naissances non plus. Peter et Anna ont un point commun : ils n'auraient jamais dû naître. Parce qu'une vie éternelle leur semble contre nature, parce que le système de la Longévité a gâché leur enfance, parce qu'il menace leurs rêves, ils ont décidé d'entrer en lutte. Pour sa suppression.

Au sein du Réseau souterrain, la résistance s'organise : Peter a pour mission d'infiltrer le plus grand des laboratoires, le centre névralgique du système, Pincent Pharma... dirigé par son grand-père, Richard Pincent. Un homme puissant et influent, bien décidé à faire plier les rebelles ; une présence troublante pour Peter : quand les liens du sang s'en mêlent, tout se complique...



414 pages - Editions Naïve -  Commander


J'ai eu davantage de mal à me plonger dans celui-ci. J'ai trouvé que le début avait pas mal de longueur, fin' en tout cas j'ai pas accroché tout de suite, il a fallu que j'attende la deuxième moitié du livre pour commencer à vraiment être happée par le récit. 

Ici, Anna et Peter sont devenus des Légaux, ce ne sont donc plus des Surplus, et ils peuvent vivre au grand jour. Sauf qu'ils font (du moins Peter) partis du Réseau souterrain, la résistance au système de Longévité. C'est d'ailleurs Peter qu'on suit principalement tout le long de ce livre, bien qu'on voit un peu Anna et un autre personnage, Jude, qui apparaît dans ce tome. Et Peter est donc, en gros, engagé par le Réseau pour aller travailler dans l'entreprise de son grand-père, le fabriquant de la Longévité, afin d'espionner et de rapporter des infos (bon c'est le propre de l'espionnage, je sais). 

Je vais pas vous raconter toute l'histoire, mais j'ai pris des notes pendant ma lecture, et il en est ressorti ça : 
- J'ai été révoltée que Peter se fasse endoctriner par son grand-père et veuille faire signer la Déclaration à Anna (ils avaient tous les deux décidé de ne jamais le faire).
- J'ai été révoltée également quand les Rabatteurs (la police des Surplus, en gros) s'en sont pris à Anna et à Ben (son petit frère qui est bébé) en leur tendant un piège : comment ce personnage (je ne dirai pas qui) pouvait-il vraiment être un traite ?!
- J'ai été aussi révoltée par les traitements horribles que subissaient les filles Surplus dans cet espace classé top secret, dans l'entreprise du grand-père.
- J'ai eu le sentiment que malgré ce que disait Peter, malgré ses réflexions, Paul (le chef du Réseau) avait vraiment raison et qu'il fallait l'écouter (je vous dis pas si c'était le cas ou pas, du coup).
- En gros, j'ai ressenti pas mal de frustration à partir de la moitié du deuxième tome, mais l'histoire s'est accélérée et donc la lecture s'est faite plus facile et plus agréable. 

Grosso-modo, c'était une bonne lecture aussi. Je fais maintenant une pause dans la saga pour lire Persuasion et puis je reviendrai ensuite lire le tome 3. 

lundi 31 août 2015

Il est de retour - Timur Vermes


« Succès inouï en Allemagne, traduit dans trente-cinq langues, bientôt adapté au cinéma, Il est de retour est un véritable phénomène. Entre Chaplin, Borat et Shalom Auslander, une satire aussi hilarante que grinçante qui nous rappelle que face à la montée des extrémismes et à la démagogie, la vigilance reste plus que jamais de mise. Soixante-six ans après sa disparition, Hitler se réveille dans un terrain vague de Berlin. Et il n'est pas content : comment, plus personne ne fait le salut nazi ? L'Allemagne ne rayonne plus sur l'Europe ? Depuis quand tous ces Turcs ont-ils pignon sur rue ? Et, surtout, c'est une FEMME qui dirige le pays ? Il est temps d'agir. Le Führer est de retour et va remettre le pays dans le droit chemin. Et pour cela, il lui faut une tribune. Ça tombe bien, une équipe de télé, par l'odeur du bon client alléchée, est toute prête à lui en fournir une. La machine médiatique s'emballe, et bientôt le pays ne parle plus que de ça. Pensez-vous, cet homme ne dit pas que des âneries ! En voilà un au moins qui ne mâche pas ses mots. Et ça fait du bien, en ces temps de crise... Hitler est ravi, qui n'en demandait pas tant. Il le sent, le pays est prêt. Reste à porter l'estocade qui lui permettra d'achever enfin ce qu'il avait commencé... »



450 pages - Editions Belfond - Commander


Hello ! Me voila avec la chronique d'un livre que je voulais lire depuis qu'il est sorti et que j'attendais avec beaucoup d'impatience : Il est de retour, de Timur Vermes. Étrangement, quand j'ai vu ce livre, avant même de lire le résumé, j'ai compris qu'il s'agissait de parler de Hitler, surement à cause de sa mèche de cheveux si caractéristique qui illustre le livre (mais enfin bon, quand même, il n'est pas le seul homme à s'être coiffé ainsi). Pour expliquer mon impatience, il faut savoir que je suis fascinée par la Seconde Guerre mondiale, par la manière dont elle s'est déclenchée, par la manière dont Hitler a réussi à prendre le pouvoir sans que personne ne réagisse, etc... Aussi, quand j'ai vu ce livre, et l'originalité du sujet, j'ai eu envie de le lire.

Quelqu'un qui m'a vue le lire m'a demandé de quoi ça parlait. Je lui ai décrit le livre en lui disant "Et si Hitler se réveillait à notre époque ?". Il m'a aussitôt répondu "Ah, roman d'anticipation, comme 1984 ou Le meilleur des mondes". Mmmm, oui mais non. D'abord, ça se passe à notre propre époque, pas dans un futur loingtain. Ce n'est pas nous qui devons apprendre à situer la nouvelle réalité, mais Hitler. Ensuite, c'est plus écrit dans un but comique - d'après ce que j'ai ressenti néanmoins - que dans un but d'anticipation. Et puis les romans d'anticipation, comme l'indique leur nom, anticipent. Or ici, il y a franchement très peu de probabilités qu'Hitler se réveille un jour sur un terrain vague en Allemagne.

Car c'est comme ça que commence l'histoire : Hitler se réveille, en 2014, sur un terrain vague. Des jeunes jouent un peu plus loin, et tandis que Hitler tente de comprendre où il est, il se rend compte que ces jeunes ne savent pas qui il est. Tout de même, il est le Führer ! Tout le monde sait qui il est. Et ben non. Et c'est ce qui va se passer pendant une grosse partie du livre : on ne le reconnait pas. Du moins, on le prend pour un illuminé qui se balade en uniforme de SS (du moins j'imagine que Hitler devait avoir un uniforme assez similaire à ses SS). On le prend pour un comédien, un immitateur. Et c'est comme ça que l'intrigue du livre se développe : un vendeur de journaux recueille Hitler quelques jours et le prend pour un comédien qui est toujours à fond dans son rôle (puisqu'en effet, il ne donne aucune autre identité qu'Adolf Hitler, et il n'en démord pas de ses grands principes de 1933). Il le trouve tellement bon dans ce rôle qu'il contacte des agents d'une grande chaîne de télévision afin qu'ils le rencontrent, parce que, c'est le meilleur. 

On assiste donc, tout au long du livre, à Hitler se faisant au nouveau monde qui s'offre à lui, se demandant comment sauver cette pauvre Allemagne, et où sont passés les juifs, et pourquoi il y a tant de turcs, et déplorant le manque de discipline, et les politiciens, et le manque d'espace vital et de ressources. On assiste dans un second temps à l'Allemagne se faisant au retour d'un Hitler plus vrai que nature, mais toujours sous couvert de comédie, parce qu'il est comédien, qu'ils se disent.

En fait, tout le livre se déroule sur un immense quiproquo : Hitler parle de son programme, de sa vision de l'Allemagne, de la manière dont il compte changer les choses, et l'opinion publiques, les spectateurs, le voient comme un génie qui dénoncent les incohérences de la société, et les abus de pouvoirs, et ceci, et cela... Et pendant ce temps, Hitler n'a de cesse de crier haut et fort "JE SUIS HITLER", et les autres de rigoler "oui, oui, on sait, mais votre vrai nom ?"

Je me suis assez ennuyée pendant les 100 premières pages, pendant lesquelles il découvre vraiment le monde, fait ses premiers pas à la télévision. Après, je me suis davantage amusée. Je n'ai pas non plus vraiment ri. C'est amusant certes, mais pas si comique, selon moi. Toutefois, ma lecture a été agréable, et lorsque je suis arrivée à la dernière page, je me suis demandée "quoi, c'est déjà la fin ?". Mais plus que l'entrainement dans la lecture, c'est la manière dont ça se finit qui m'a perturbée. Ça se finit sur une bonne phrase, certes, mais ça se finit avec Hitler en héros. Et ça ne m'a pas plu. Je m'attendais à ce que Hitler soit sévèrement condamné, que l'auteur montrerait son désaccord avec les atrocités qu'il a commises d'une manière ou d'une autre (mort, emprisonné, malade, vieux et seul dans un coin, SDF... peu importe). Mais non. On voit un Hitler qui deviendrait presque sympathique, parce qu'il a de l'affection pour sa secrétaire, parce qu'il aime bien son collègue et que les deux ensemble fondent une famille et que ça l'émeut. Parce qu'il aime les enfants ("ce sont l'avenir"), parce qu'il aime la musique classique, l'opéra et qu'il a l'humour mordant. On rend Hitler humain, compatissant et sensé. Et je ne suis pas vraiment d'accord avec cette manière de voir non plus. Ce n'est surement pas l'intention de l'auteur, mais on peut presque penser, en lisant ce livre, "bon, ça ne serait pas si grave, s'il revenait". Et pourtant, ce n'est pas faute d'insérer tout le long du livre les pensées d'Hitler à propos des personnes qu'il voudrait éradiquer, des pays qu'il faudrait annexer et de ses regrets du passé, du bon vieux temps.

Toutefois (et je pense que c'est davantage le but du livre), avec cette histoire, on se rend compte d'une chose qui fait froid dans le dos : si un autre dictateur du genre d'Hitler arrivait par la voie du divertissement, est-ce qu'on est sûr qu'on s'en rendrait compte ? Est-ce qu'une fois encore, on ne laisserait pas les choses se faire, parce que "c'est du divertissement" et au nom de notre liberté d'expression, si chère à notre cœur ? Dans ce livre, la réaction du public est à majorité le rire. Certains, notamment les journaux, tentent d'intenter Hitler et sa société de production en justice, mais toutes les tentatives échouent dès le début. Je me demande donc, et je pense que c'est légitime : et si ? J'aime à croire qu'on ne laisserait pas cela se reproduire, du moins je l'espère (et j'en prends pour "preuve" le scandale Dieudonné). 


L'écriture est fluide et l'auteur écrit bien. J'ai quand même dû me forcer à continuer pour atteindre la deuxième centaine de pages qui a commencé à m'intéresser. En bref, c'est un bon livre dans l'ensemble, agréable à lire bien qu'un peu long